Sans frontiĂšres ni barriĂšres
« Ne cessez jamais de vous battre parce que la lutte nâest pas finie ; elle vient juste de commencer. » â Marianna Karakoulaki
Depuis lâĂ©tĂ© 2005, Idomeni, un village situĂ© Ă la frontiĂšre grĂ©co-macĂ©donienne, est progressivement devenu le plus vaste camp officieux de rĂ©fugiĂ©-e-s de GrĂšce. Ă la fin du mois de mai, ce camp a Ă©tĂ© fermĂ© par les autoritĂ©s. Et depuis maintenant un an, Marianna Karakoulaki, une jeune journaliste indĂ©pendante originaire dâune petite ville du nord-ouest du pays, couvre les Ă©vĂ©nements qui se produisent dans ce village.
Â

Marianna a aussi couvert les manifestations et les Ă©meutes qui se sont dĂ©roulĂ©es principalement Ă Thessalonique, la ville oĂč elle vit depuis quelques annĂ©es. Outre le travail quâelle effectue pour diffĂ©rents mĂ©dias, dont Deutsche Welle (DW), IRIN News et the Middle East Eye, elle rĂ©alise Ă©galement des reportages pour la tĂ©lĂ©vision. Elle a rĂ©cemment co-rĂ©alisĂ© un reportage dâactualitĂ©, Macedonia: Tracking down the refugee kidnap gangs (MacĂ©doine : sur la trace des gangs qui kidnappent les rĂ©fugiĂ©s, en anglais), qui a remportĂ© plusieurs prix dont celui  du meilleur reportage dâactualitĂ© pour la tĂ©lĂ©vision dĂ©cernĂ© par lâAssociation de la presse Ă©trangĂšre Ă Londres.
Le féminisme, un fil rouge
« Je me sens absolument fĂ©ministe, sans aucune rĂ©serve. Mon fĂ©minisme fait partie de mon identitĂ©, tout comme mon athĂ©isme et mes convictions politiques de gauche. »â â Marianna Karakoulaki

Le fĂ©minisme a Ă©tĂ© le fil rouge de la vie, de lâĂ©ducation et du travail de Marianna. Elle a lâimpression « de sâĂȘtre toujours sentie fĂ©ministe, mĂȘme quand elle ne savait pas encore vraiment ce que ce mot signifiait », et ce depuis son adolescence et tout au long de ses Ă©tudes de master en sĂ©curitĂ© internationale Ă lâuniversitĂ© de Birmingham, au Royaume-Uni. Pendant les Ă©pisodes dĂ©pressifs occasionnels quâelle a connu et pendant toutes ses annĂ©es dâĂ©tudes des mouvements et de la lutte pour lâĂ©galitĂ©, le fĂ©minisme lâa inspirĂ©e et lui a permis dâadopter une nouvelle approche « dâĂ peu prĂšs tout ».
« Il [le fĂ©minisme] a entiĂšrement changĂ© mon orientation acadĂ©mique, mon idĂ©ologie politique et mon approche de la vie au sens large. Câest la raison pour laquelle je porte toujours autour du cou le poing fĂ©ministe. » - Marianna Karakoulaki

Dans le cadre de son travail, Marianna tente de se consacrer aux questions fĂ©ministes en donnant la possibilitĂ© Ă celles qui sont relĂ©guĂ©es Ă la marge de sâexprimer, notamment en GrĂšce oĂč « les questions relatives au genre sont soit ignorĂ©es soit insuffisamment prises en charge ».
Elle travaille  depuis un an sur la crise des rĂ©fugiĂ©-e-s, mais elle a dĂ©libĂ©rĂ©ment Ă©vitĂ© dâĂ©crire un article sur les femmes rĂ©fugiĂ©es.
« Jâai pris cette dĂ©cision tout dâabord parce que je ne voulais pas faire intrusion dans la vie de ces femmes dans le simple but de dĂ©nicher une bonne histoire. Jâai entendu des rĂ©cits qui auraient mĂ©ritĂ©es dâĂȘtre publiĂ©es mais, sans vraiment savoir pourquoi, je ne me suis jamais sentie autorisĂ©e Ă raconter la vie de ces personnes dans telle situation de vulnĂ©rabilitĂ©. Il faut que leurs voix soient entendues, mais il y a un bon moment pour le faire, et je pense quâil faut attendre quâelles atteignent enfin un espace sĂ»r dans laquelle leur protection est assurĂ©e. »  - Marianna Karakoulaki
Quelques informations complémentaires sur Marianna
Dans le cadre acadĂ©mique, elle est membre de lâĂ©quipe de direction et de rĂ©daction de E- International Relations (E-IR), un site acadĂ©mique pour lequel elle dirige la publication dâun livre sur les migrations au XXIe  siĂšcle, Ă paraĂźtre fin 2016. Marianna a Ă©galement dispensĂ© des cours lors de diffĂ©rents ateliers organisĂ©s en GrĂšce sur lâĂ©galitĂ© de genre, les questions de genre et la diversitĂ© des fĂ©minismes. Elle a Ă©galement Ă©crit des articles sur le droit Ă lâavortement notamment aux Ătats-Unis mais aussi sur les questions fĂ©ministes ou relatives aux femmes dans le Moyen-Orient.
Â
Marianna explique comme suit sa dĂ©cision de devenir membre de lâAWID :
Â
« Je suis devenue membre de lâAWID parce quâil sâagit dâune organisation dont les domaines dâaction prioritaires sont trĂšs proches de mon idĂ©ologie et de mes prĂ©occupations et qui donne la parole aux personnes du monde entier que lâon entend jamais, et jâaime beaucoup cela. » Â
à la question « quel changement aimeriez-vous voir se matérialiser de votre vivant ? », Marianna apporté cette réponse :
« Si je devais choisir un changement que jâaimerais voir survenir de mon vivant, ce serait lâinstauration dâune Ă©galitĂ© issue dâune approche venue de la base ; cela demandera du temps, des efforts et du dĂ©vouement. Cela exigera Ă©galement une refonte des tactiques et stratĂ©gies des mouvements. Je fais aussi le rĂȘve utopique dâun monde sans nations ni frontiĂšres fondĂ© sur lâauto-organisation, mais je crains que cela ne soit pas possible. »
Pour en savoir plus sur Marianna, nâhĂ©sitez pas Ă consulter son site internet (en anglais)

